Jagor Jean, le Bienheureux Bienfaiteur, a donné aux survivants du grand cataclysme biologique la certitude la plus merveilleuse : celle de l'immortalité des âmes.
Enfin libérés de leur angoisse millénaire, les hommes ont accepté les prisons de ce monde dans l'attente de leur voyage vers l'Eden. Ils ont accepté d'être maintenus dans des classes génétiques parfaitement distinctes. Ils ont accepté les lois imposées par l'Elite, les villes surpeuplées, la culture programmée. Surtout, ils ont accepté de se présenter à la mort avec la joie sereine des Elus...
Aussi, les seuls grands criminels impitoyablement pourchassés sont-ils les Incrédules. Parmi eux, Alexis Jov : dénoncé par son ami Baher, fidèle serviteur du Prophète, au Coordinateur général, il est condamné à parcourir le douloureux chemin de la guérison qui doit le mener à la foi...
Critique : Chacun ses marches, chacun sa croix
Les Barreaux de l'Eden de Pierre Pelot s'apparente à une réflexion dystopique sur la condition humaine, où la société est divisée en trois classes distinctes, A, B et C. L'élément central de cette division est l'ANC X, une drogue aux propriétés fascinantes, permettant une communication avec les morts. Ce concept intrigant soulève des questions existentielles sur la mémoire, le deuil et la vérité.
D'emblée, Pelot dépeint un monde où le mensonge est érigé en système. La classe A, détenant le pouvoir et la richesse, exploite l’ANC X comme un outil de contrôle social. La caractérisation des classes sociales est habile, mais Pelot semble parfois se contenter de stéréotypes trop convenus. Les membres de la classe A apparaissent souvent comme des caricatures de l'arrogance et de la corruption, tandis que les classes B et C sont présentées comme des victimes passives de ce système. Le lecteur reste sur sa faim, désireux de comprendre pourquoi la population ne s'élève pas contre ce mensonge collectif.
Citation : Sois le rouage efficace dans l'Ordre de la Société. Respect pour ceux qui te dirigent et ceux que tu diriges.
Ce que j'en pense : un très bon roman qui aurait pu être plus long et plus abouti