En 2012 Gengis Mao règne sur une Terre au bord du chaos, à Oulan Bator, dans un empire Mongol hérité de l'ancienne URSS. La population humaine a été réduite des deux tiers en raison d'une éruption volcanique gigantesque survenue en Amérique du Sud, et des séquelles d'une guerre bactériologique qui condamne les survivants au « pourrissement organique », sorte de peste du futur.
Réfugié au sommet d'une Tour en compagnie d'une oligarchie, le tyran dirige, observe, contrôle le monde par l'intermédiaire d'innombrables satellites ou caméras.
Ce n'est pas sa seule occupation. Prévoyant, il s'est adjoint les services d'un médecin à temps complet, Shadrak Mordecai, dont le corps est incrusté d'une multitude de capteurs qui le renseignent constamment sur l'état de santé de son patient, ou ses activités en cours.
Pourquoi se doter d'un tel attirail médical ? Gengis Mao est en fait un vieil homme obsédé par la mort dont il repousse l'échéance à coup de transplantations d'organes. Quant à son successeur désigné, Mangu, c'est en réalité un pantin, futur réceptacle de l'esprit du dictateur.
Mais voilà que Mangu décède. Oui va le remplacer ?
Critique : Un homme aux abois
Dans un futur dystopique marquée par la désolation, "Shadrak dans la fournaise" nous plonge dans un monde où le tyran Gengis II Mao IV Khan règne d'une main de fer. L'intrigue s'articule autour de Shadrak Mordecai, son médecin personnel, dont le dilemme moral est au centre de l'histoire. Alors que la société s'effondre sous le poids de catastrophes naturelles et d'une pandémie dévastatrice, Shadrak se trouve confronté non seulement à la survie de son propre esprit, mais également à des questions éthiques qui remettent en cause sa loyauté envers son maître.
Shadrak est un personnage aux multiples facettes, tiraillé entre le devoir et la conscience. Son rôle de proche confesseur de Gengis II le place dans une position délicate où il doit naviguer avec précaution entre les exigences d’un dictateur instable et ses propres valeurs morales. Cette dynamique complexe offre un aperçu fascinant de la paranoïa inhérente au pouvoir absolu. Gengis II Mao IV Khan, en quête de contrôle total, devient de plus en plus dépendant de Shadrak, ce qui engendre une tension palpable entre les deux hommes.
Malgré la richesse de ses thèmes — la quête d'immortalité, les dilemmes éthiques du pouvoir et la nature humaine face à l'adversité — le roman peine à captiver pleinement le lecteur. Les péripéties, bien que potentiellement intrigantes, semblent parfois redondantes et manquent de profondeur émotionnelle. La narration laisse peu de place à l'investissement personnel, rendant difficile l'établissement d'un lien avec les personnages et leur combat intérieur.
Ce que j'en pense : les thèmes abordés font la richesse du roman, l'ecriture pénalise le récit.