En 2010, le nombre d'êtres humains est tel que, s'ils se tenaient au coude à coude sur l'île de Zanzibar, ils la recouvriraient en entier. La surpopulation entraîne la disparition de toute sphère privée, un contrôle génétique draconien et une anarchie urbaine généralisée. La pollution fait qu'à New York, des distributeurs d'oxygène sont à la disposition de ceux qui ont besoin de faire le plein avant de traverser les rues. La consommation de tranquillisants, pour limiter les nécessaires tensions sociales dues à la promiscuité et les velléités révolutionnaires, s'est généralisée.
Les radiations ont entrainé l'augmentation du taux des maladies héréditaires à un tel point que des mesures draconiennes sont prises : les individus porteurs sont automatiquement stérilisés et seuls se reproduisent ceux qui ont des caryotypes sains. L'eugénisme est développé. Évidemment, la liberté individuelle est résolument refusée.
À New York, Norman, un jeune Afro-Américain, travaille pour la toute-puissante General Technic Corporation dont le superordinateur Shalmaneser organise l'achat pur et simple d'un pays africain. Son compagnon d'appartement, Donald, apparemment un simple étudiant, est en fait recruté par les services secrets qui l'envoient s'emparer de la découverte d'un généticien d'un pays du tiers monde qui ferait de tous les nouveau-nés des génies prédéterminés.
Critique Un texte visionaire
"Tous à Zanzibar", œuvre emblématique de la science-fiction, se distingue par sa construction narrative innovante. Le roman se déploie à travers une série de dépêches, chacune étant une véritable perle de réflexion et d'observation. Bien que le personnage principal serve de fil conducteur, il n'est qu'un des nombreux éléments d'une trame complexe, conférant ainsi une apparence désordonnée à l'ensemble. Cette structure singulière peut représenter un défi pour le lecteur, exigeant une attention constante pour naviguer dans les méandres du récit. Une expérience littéraire qui, bien que riche, peut s'avérer éprouvante pour ceux qui peinent à suivre ce flux narratif.
Tous à Zanzibar a reçu le prix Hugo du meilleur roman de science-fiction 1969, le prix British Science Fiction du meilleur roman 1969 et le prix Apollo 1973.
Ce que j'en pense
Bien que j'aie longtemps tardé à plonger dans cette œuvre, je réalise à présent qu'elle m'a permis d'appréhender une vision remarquable de la société, qui résonne étonnamment avec notre époque actuelle. Les thématiques abordées par l'auteur soulignent les fractures et les enjeux sociaux de son temps, tout en posant un regard critique sur les dérives contemporaines. Mais il y a mais La lecture de ce texte s'est révélée être une expérience à la fois ennuyeuse et éprouvante.
Citation
Quand une espèce commence à avoir peur de ses propres rejetons, c'est qu'elle est au bord d'un grand vide ordure qui a déjà englouti les dinosaures.
Comme une espèce vivante , les automobiles s'éteignirent lorsque leur environnement fut saturé de leur déjections.